Audit informatique
Optimisation des processus : la méthode avant l'achat d'un outil
Un éditeur de logiciel vient de vous appeler pour optimiser vos processus avec sa plateforme, ou vous avez lu un post qui promet une méthode miracle. Avant de répondre à ce commercial ou de signer quoi que ce soit, cette page donne une méthode simple pour repérer, dans votre propre entreprise, les deux ou trois points qui coûtent vraiment cher. Nous partons de la mesure, pas de l'achat d'un outil. À la fin, vous saurez calculer vous-même ce qui mérite d'être corrigé en premier, et pourquoi un outil bien construit sur le mauvais point ne change presque rien au résultat final.
Optimiser un processus, ça veut dire quoi concrètement
Optimiser un processus, c'est réduire le temps ou les erreurs sur une tâche qui existe déjà, sans forcément toucher aux outils qui la portent. Prenez une commande client : elle passe par un commercial, un tableur, un logiciel de facturation, puis un mail de confirmation. Optimiser, c'est raccourcir ce trajet ou retirer une étape inutile, pas remplacer les logiciels en bout de chaîne.
Chaque mois, 590 personnes tapent cette expression dans un moteur de recherche, et beaucoup d'entre elles confondent trois idées différentes sans même s'en rendre compte. Optimiser, digitaliser et automatiser se ressemblent sur le papier, mais ne demandent ni le même effort, ni le même budget, ni le même délai de mise en place. Confondre les trois fait souvent acheter le mauvais remède pour le mauvais problème, au mauvais moment.
Optimiser une étape, c'est l'améliorer sans changer son support : reformuler un formulaire trop long, regrouper deux validations en une seule, retirer une case qui ne sert plus à rien. Digitaliser, c'est changer le support d'une étape qui reste identique, un carnet remplacé par une application. Automatiser va plus loin : un programme fait le travail à la place d'une personne.
Cette page fait partie d'un travail plus large, celui que nous décrivons sur notre page consacrée à l'audit informatique en PME. Elle explique comment repérer, dans l'ensemble du système d'une entreprise, ce qui mérite d'être regardé avant le reste. L'optimisation des processus en est une brique parmi d'autres, pas la totalité de la démarche.
Avant d'optimiser quoi que ce soit, encore faut-il savoir ce qui existe réellement. Beaucoup d'entreprises découvrent, en posant leurs étapes sur une feuille, qu'un processus censé tenir en trois mouvements en compte sept, ajoutés au fil des années sans que personne n'y repense. Le satellite consacré à la cartographie des processus détaille cette étape préalable.
Retenez une chose avant de continuer : optimiser ne veut pas dire changer d'outil du jour au lendemain. Ça veut dire regarder une tâche existante, comprendre pourquoi elle prend le temps qu'elle prend, et enlever ce qui n'apporte rien dans son déroulement. La suite de cette page explique comment mener ce travail sans se tromper d'ordre.
Pourquoi ce sujet arrive maintenant dans une PME
Le sujet arrive rarement par hasard. Une entreprise passée de quinze à quarante personnes en deux ans continue souvent de travailler avec les habitudes qu'elle avait à quinze salariés : un tableur partagé par mail, une validation qui passait par un couloir et qui traverse maintenant trois services. Les habitudes n'ont pas grandi avec l'effectif.
Un deuxième déclencheur revient souvent dans les PME qui grandissent vite : un nouveau logiciel a été ajouté pour résoudre un problème précis, sans qu'on retire celui qu'il devait remplacer, souvent faute de temps pour organiser une bascule complète. Les deux outils coexistent, une partie de l'équipe utilise l'un, l'autre utilise le second, et quelqu'un doit ressaisir les mêmes informations d'un système vers l'autre plusieurs fois par semaine.
Le troisième déclencheur touche les personnes plutôt que les outils. Un salarié qui connaissait la combine par cœur, celui qui savait quelle case cocher et dans quel ordre, quitte l'entreprise. Son remplaçant suit la procédure écrite, quand elle existe, et découvre qu'elle prend deux fois plus de temps que ce que faisait l'ancien collègue de mémoire.
Exemple concret et courant dans une PME sans service informatique dédié : une facture passe par trois personnes et deux logiciels différents avant d'être payée, alors qu'un seul suffirait. Le commercial la crée dans un outil, la comptabilité la ressaisit dans un autre, et une troisième personne vérifie à la main que les deux versions correspondent.
Ce qui pousse un dirigeant à chercher « optimisation des processus » sur un moteur de recherche est rarement un projet planifié à l'avance. C'est plutôt un agacement répété : une facture en retard, une erreur qui revient chaque mois, un salarié qui se plaint de perdre son temps sur une tâche qu'il juge absurde depuis longtemps.
Ces signaux ne disent pas encore quoi corriger en premier, et c'est bien normal : ils annoncent seulement qu'il devient temps de regarder de près, avec une méthode plutôt qu'à l'instinct, ce qui coûte réellement à l'entreprise. C'est l'objet des sections suivantes : mesurer avant de décider, plutôt que décider avant d'avoir mesuré quoi que ce soit.
Le piège le plus courant : acheter un outil avant de mesurer
Un commercial appelle, décrit un logiciel qui va « optimiser vos processus », et propose une démonstration la semaine suivante. Le discours est souvent sincère, l'outil fonctionne, la démonstration impressionne. Le problème tient au moment où l'outil arrive dans la réflexion : avant que quelqu'un ait mesuré ce qui coûte vraiment cher.
Sans mesure préalable, un logiciel vendu comme solution d'optimisation résout, une fois sur deux, un problème secondaire pendant que le point le plus coûteux continue tranquillement de coûter cher à l'entreprise. Le dirigeant paie l'abonnement, forme son équipe, change ses habitudes de travail, et six mois plus tard retrouve la même facture en retard qu'avant, pour une raison légèrement différente.
Exemple vu régulièrement dans des PME de trente à cent cinquante personnes : un logiciel de gestion complet acheté pour un problème qui tenait, en réalité, dans une seule étape de validation mal placée. L'entreprise a changé d'outil pour tout un service entier, alors qu'une simple signature électronique à la place d'un aller-retour papier aurait réglé l'essentiel du retard observé.
Le vendeur d'un logiciel n'a aucune raison de mesurer votre entreprise avant de vous le proposer : ce n'est pas son métier, et son intérêt immédiat est de conclure la vente le plus vite possible. La mesure préalable vous revient, à vous-même ou à quelqu'un qui vous conseille sans rien avoir à vendre au bout de la conversation.
Ce piège touche surtout les entreprises sans service informatique dédié, où personne n'a vraiment le réflexe de chronométrer une tâche avant de décider d'y toucher ou d'y consacrer un budget. La décision se prend alors sur une impression, un post lu sur un réseau, ou l'insistance d'un commercial, plutôt que sur un chiffre calculé dans l'entreprise elle-même.
Ce n'est pas un plaidoyer contre les logiciels en général : beaucoup d'entre eux valent largement leur prix. C'est un plaidoyer pour l'ordre des opérations, tout simplement. Mesurer d'abord, choisir ensuite, réduit fortement le risque de payer pour un outil qui ne touche jamais le point qui coûtait vraiment cher à l'entreprise, souvent sans que personne ne s'en aperçoive avant plusieurs mois.
Ce qu'il faut mesurer avant de changer quoi que ce soit
Trois mesures suffisent pour commencer, et aucune ne demande d'outil spécialisé ni de compétence technique particulière pour être posée correctement. Le temps que prend une tâche, le nombre de fois qu'elle se répète chaque semaine, et le nombre de personnes qui y touchent à un moment ou un autre de son déroulement, du début jusqu'à la fin.
Le temps se mesure au chronomètre, pas à l'estimation. Une personne qui dit « ça prend dix minutes » pense souvent à la fois où tout s'est bien passé, pas à la moyenne réelle. Chronométrer la même tâche cinq fois de suite, à des moments différents, donne un chiffre plus proche de la réalité que n'importe quelle impression.
La fréquence se compte sur une semaine normale, pas sur une semaine de pointe ni sur une semaine calme. Une tâche répétée trois fois par semaine et une tâche répétée trente fois par semaine ne pèsent pas du tout le même poids dans le calcul final, même si chacune prend le même temps à l'unité.
Le nombre de personnes qui touchent une tâche compte double : chaque main supplémentaire qui passe sur un dossier ajoute un risque d'erreur et un temps d'attente entre deux étapes. Une tâche traitée par une seule personne de bout en bout va presque toujours plus vite qu'une tâche qui passe par trois services différents, chacun avec ses propres priorités du moment.
Exemple concret : chronométrer la saisie d'une commande cinq fois de suite, noter combien de fois cette saisie a lieu dans une semaine ordinaire, et compter combien de personnes différentes touchent le dossier avant qu'il arrive en comptabilité. Ces trois chiffres, notés simplement sur une feuille de papier, suffisent amplement pour la suite de la méthode décrite ici.
Cette mesure ne demande ni logiciel ni consultant extérieur : un cahier, un chronomètre sur un téléphone, et vingt minutes d'attention suffisent pour poser les premiers chiffres solides. La difficulté n'est pas technique, elle est plutôt de trouver le temps de le faire au lieu de deviner à partir d'une impression générale et rassurante, prise à la va-vite.
Comment repérer les deux ou trois points qui coûtent le plus cher
Une fois les trois mesures posées pour plusieurs tâches différentes, un calcul simple fait ressortir les priorités réelles : le temps multiplié par la fréquence, multiplié par le nombre de personnes concernées à chaque étape. Le résultat n'est pas un montant exact en euros, mais un ordre de grandeur qui suffit largement pour classer les tâches entre elles.
Exemple concret : une ressaisie de dix minutes, répétée douze fois par semaine, par deux personnes différentes, représente environ deux cent quarante minutes de travail humain chaque semaine, rien que sur cette seule étape. Une tâche annuelle qui prend une journée entière pèse, sur l'année complète, largement moins lourd que cette ressaisie répétée toutes les semaines.
Ce calcul fait souvent ressortir une vraie surprise : la tâche qui agace le plus au quotidien n'est pas toujours celle qui coûte le plus cher à l'entreprise, et celle qui coûte le plus cher passe parfois totalement inaperçue parce qu'elle est répartie sur plusieurs personnes qui n'en discutent jamais entre elles au fil de la semaine.
Dans une PME de trente à cent cinquante personnes, ce même calcul, mené sur cinq à dix tâches répétitives courantes, fait presque toujours ressortir deux ou trois points nettement au-dessus de tous les autres. Le reste des tâches mesurées reste alors dans une zone où corriger coûte plus cher, en temps, que ce que ça rapporte réellement.
Pas besoin d'un tableau de bord sophistiqué ni d'un logiciel coûteux pour mener ce travail correctement : une simple feuille de calcul avec quatre colonnes, tâche, temps, fréquence, personnes, et une cinquième colonne calculée automatiquement, suffit pour classer les tâches par ordre de coût réel plutôt que par ordre d'apparition dans la journée de travail habituelle de l'équipe.
Une fois les deux ou trois points bien identifiés, la tentation naturelle est de vouloir tout corriger en même temps, dans la foulée. Mieux vaut s'attaquer au point le plus élevé d'abord, vérifier que la correction fonctionne vraiment, puis passer au suivant, plutôt que de disperser l'attention sur plusieurs fronts à la fois, sans méthode.
Ce qui n'est pas un problème de processus, mais un problème d'outil
Toutes les lenteurs d'une entreprise ne se règlent pas en réorganisant simplement les étapes. Certaines viennent d'un outil devenu trop petit pour l'entreprise, et aucune méthode de travail ne compense un logiciel qui plante à chaque utilisation ou qui n'accepte plus le volume de lignes que l'entreprise doit désormais traiter chaque mois, sans jamais faillir.
Le signe le plus clair : un tableur partagé par mail, où deux personnes travaillent sur des versions différentes du même fichier sans le savoir, et où l'une écrase le travail de l'autre sans mauvaise intention. Ce fichier n'a pas besoin d'une meilleure méthode de travail, il a besoin d'être remplacé par un outil partagé correctement.
Autre signe fréquent : un logiciel qui refuse d'évoluer, où chaque petite demande de modification suppose de contacter un prestataire qui ne répond plus vraiment, ou dont le devis dépasse largement ce que la modification devrait raisonnablement coûter. Réorganiser les étapes autour d'un tel outil ne fait que déplacer le problème ailleurs, jamais le résoudre pour de bon.
La distinction pratique tient en une question : si on réorganisait cette tâche demain matin sans changer aucun outil, gagnerait-on du temps ? Si la réponse est oui, c'est un problème de processus. Si la réponse est non parce que l'outil lui-même bloque, c'est un problème d'outil, et la méthode de cette page ne suffit pas seule.
Un problème d'outil, contrairement à un problème de méthode, ne se corrige jamais en formant mieux les équipes ou en réécrivant une procédure sur le papier. Il se corrige en remplaçant ou en complétant le logiciel concerné directement, ce qui suppose un budget et un chantier bien différents de la simple réorganisation d'une étape déjà existante dans l'entreprise.
Distinguer les deux évite une erreur assez fréquente : passer des mois entiers à réorganiser une étape autour d'un outil défaillant, alors qu'un outil correctement dimensionné aurait réglé le problème en quelques semaines seulement, souvent pour un montant proche de ce qu'aurait coûté, au final, le temps perdu à contourner l'ancien système, année après année, sans relâche.
Optimiser à la main ou automatiser : où est la limite
Une fois le point prioritaire identifié, une question se pose aussitôt : faut-il corriger la méthode existante, ou remplacer directement la main humaine par un programme informatique ? La réponse tient en réalité à deux critères simples, la fréquence de la tâche et sa régularité d'une fois sur l'autre, semaine après semaine, sans grande surprise.
Une tâche répétée plus de dix fois par semaine, et qui se déroule toujours de la même façon, devient une bonne candidate à l'automatisation : un programme peut suivre les mêmes règles à chaque fois, sans se fatiguer et sans en oublier une étape sur dix comme le fait parfois une personne en fin de journée.
Une tâche irrégulière, qui change à chaque occurrence selon le client, le fournisseur ou le contexte du moment, se corrige d'abord par la méthode : une meilleure organisation, un formulaire plus clair, une validation retirée du parcours. Automatiser une tâche qui change tout le temps coûte cher pour un résultat qui demande sans cesse de nouveaux ajustements coûteux.
Ce critère évite une erreur assez courante : vouloir automatiser trop tôt une tâche qui n'a même pas encore été réorganisée à la main. Corriger d'abord la méthode, observer attentivement le résultat pendant quelques semaines, puis automatiser ce qui reste répétitif et stable, coûte moins cher et fonctionne bien mieux qu'automatiser une méthode encore bancale et mal comprise.
Pour aller plus loin sur cette partie précise du sujet, notre satellite consacré à l'automatisation des tâches répétitives détaille comment repérer une tâche vraiment automatisable, quels signaux la distinguent d'une tâche qui doit rester manuelle, et comment se déroule concrètement ce type de chantier une fois la décision prise par l'entreprise, du premier échange jusqu'à la mise en service.
Retenez la règle simple qui résume tout ce qui précède : la fréquence et la régularité d'une tâche disent si elle se corrige avec une meilleure organisation, ou plutôt avec un programme qui la remplace entièrement. Aucune des deux réponses n'est supérieure à l'autre en soi, elles correspondent simplement à deux types de tâches bien différents.
Le piège du grand chantier de transformation
Une fois deux ou trois points bien identifiés, un autre réflexe guette souvent le dirigeant pressé : vouloir tout revoir d'un coup, dans un projet unique censé durer plusieurs mois et régler l'ensemble des processus de l'entreprise en une seule fois. Ce réflexe part généralement d'une bonne intention et produit rarement le résultat attendu au final.
Un chantier global mobilise beaucoup de personnes pendant longtemps, souvent plusieurs mois, sans qu'aucun résultat concret ne soit visible avant la toute fin. Pendant ce temps, les tâches du quotidien continuent de coûter exactement ce qu'elles coûtaient avant, et l'attention de l'équipe se disperse entre le travail normal et un projet dont l'échéance recule régulièrement.
Six mois après le lancement d'un tel chantier, il n'est pas rare que personne dans l'entreprise ne sache dire précisément ce qui a vraiment changé. Le projet a occupé du temps, produit des documents, organisé des réunions, sans que le point mesuré au départ, celui qui coûtait le plus cher, ait été réellement corrigé pour de bon.
Corriger un point mesuré, vérifier le résultat trois ou quatre semaines après, puis passer seulement ensuite au point suivant, coûte moins cher et se voit beaucoup plus vite. Chaque correction produit un résultat visible avant qu'on décide de la suivante, ce qui permet d'ajuster la méthode si le résultat n'est pas celui qui était attendu au départ.
Cette approche par étapes convient bien à une PME de trente à cent cinquante personnes, où personne n'a vraiment le temps de suivre un chantier qui dure un an entier sans résultat intermédiaire. Un point corrigé et vérifié chaque mois avance plus vite, sur la durée, qu'un plan ambitieux présenté une fois puis oublié dans un tiroir.
Le grand chantier n'est pas mauvais en soi : certaines situations, un outil central défaillant sur plusieurs services à la fois par exemple, justifient réellement une approche plus large. Mais il doit venir après plusieurs corrections déjà mesurées, jamais à leur place, et surtout jamais comme premier réflexe face à une simple facture qui traîne un peu trop longtemps.
Comment savoir si l'optimisation a marché
La question se pose rarement à l'avance, et c'est un tort assez répandu chez les dirigeants pressés. Avant de corriger quoi que ce soit, il faut savoir ce qu'on va comparer ensuite, sinon le résultat se juge uniquement au ressenti, ce qui annule tout l'intérêt de la mesure prise soigneusement au départ, avant toute correction.
La méthode la plus simple consiste à reprendre, trois ou quatre semaines après le changement, la même mesure que celle prise au départ : le temps, la fréquence, le nombre de personnes concernées, sur la même tâche précise, et dans les mêmes conditions autant que possible, sans changer les habitudes de l'équipe entre-temps, au fil des semaines.
Exemple : si la ressaisie mesurée au départ prenait dix minutes, répétée douze fois par semaine, le chiffre après correction doit être visible sur le papier, pas simplement ressenti comme « ça va mieux ». Une baisse de dix à trois minutes se note et se montre, une impression générale ne se montre jamais aussi bien.
Attendre trois ou quatre semaines avant de mesurer à nouveau laisse le temps aux nouvelles habitudes de bien se stabiliser dans l'équipe. Une mesure prise dès le lendemain d'un changement capture souvent l'effort d'adaptation du moment, pas le résultat réel, une fois que l'équipe a pleinement intégré la nouvelle façon de faire dans son quotidien.
Si le chiffre ne bouge pas du tout malgré la correction appliquée, c'est déjà une information utile, et il n'y a rien à cacher sous le tapis : soit la mesure de départ était fausse, soit le point corrigé n'était pas celui qui coûtait vraiment cher à l'entreprise, soit la correction elle-même n'a pas été appliquée comme prévu au départ.
Cette boucle simple, mesurer, corriger, puis mesurer à nouveau, se retrouve dans l'ensemble de la démarche décrite sur notre page consacrée à l'audit informatique en PME, qui détaille comment enchaîner plusieurs de ces cycles, les uns après les autres, sans jamais perdre le fil de ce qui a déjà été corrigé avant, dans l'ordre où ça s'est passé.
Ce que coûte de se tromper d'ordre de priorité
Se tromper d'ordre de priorité ne veut pas forcément dire choisir un mauvais outil en soi. Ça veut plutôt dire dépenser de l'argent et du temps sur un point qui n'était pas celui qui coûtait vraiment le plus cher, pendant que le vrai point continue tranquillement de peser sur l'entreprise, sous une forme un peu différente qu'avant.
Un outil d'automatisation coûte, selon son ampleur, entre 15 000 et 50 000 euros pour une première brique dans une entreprise. Ce montant se justifie quand l'outil s'attaque au point mesuré comme le plus coûteux. Posé sur un point secondaire, le même montant continue de laisser filer le coût réel, sous une couche neuve et coûteuse.
L'erreur d'ordre de priorité coûte doublement : une première fois dans l'argent dépensé sur le mauvais point, une deuxième fois dans le temps perdu à s'apercevoir, plusieurs mois après, que le problème initial est toujours bien là. Ce deuxième coût, moins visible sur une facture, pèse souvent plus lourd que le premier sur la durée entière du projet.
Ce risque augmente fortement avec la taille de l'investissement engagé. Une correction manuelle mal ciblée coûte quelques heures perdues, rarement plus ; un outil d'automatisation mal ciblé coûte plusieurs dizaines de milliers d'euros et plusieurs mois de mise en place, pour un résultat qui ne touche jamais le vrai point de friction de l'entreprise, jour après jour.
C'est pour cette raison précise, dès le premier jour d'une réflexion, que nous proposons toujours de mesurer avant de chiffrer quoi que ce soit. Un point correctement identifié et corrigé, même avec un budget modeste au départ, rapporte davantage, sur une année entière, qu'un outil coûteux posé sur un point secondaire par manque d'une mesure préalable menée sérieusement.
Quand la mesure a désigné le point le plus coûteux à corriger, et qu'une automatisation s'impose vraiment comme la bonne réponse, le chantier suit alors une méthode propre, du premier échange jusqu'à la mise en service complète de l'outil, avec une vérification finale du résultat sur la mesure prise au tout départ, et non sur une impression.
Comment nous procédons chez Techmind
Nous mesurons avant de proposer quoi que ce soit. Quand une entreprise nous contacte en pensant avoir besoin d'un outil d'automatisation, notre premier réflexe est de poser les mêmes questions que celles décrites plus haut sur cette page : quel temps, quelle fréquence, combien de personnes, au juste, sur quelle tâche précise.
Nous montrons au dirigeant le calcul qui fait ressortir les points les plus coûteux, avec les chiffres de son entreprise, pas avec une moyenne générale tirée d'un secteur. Ce calcul tient souvent sur une feuille, et il sert de base à toute la discussion qui suit, y compris quand la réponse est de ne rien construire.
Nous ne construisons un outil que sur un point déjà mesuré avec soin. Si la mesure montre qu'une meilleure organisation suffit largement, sans dépense supplémentaire, nous le disons sans détour, même si cela ne débouche sur aucun chantier pour nous. La mesure sert d'abord le dirigeant, avant de servir notre propre activité, et jamais l'inverse, sur ce sujet.
Cette façon de procéder explique pourquoi certaines conversations avec nous ne débouchent finalement sur aucune vente : quand le point mesuré se corrige sans outil particulier, nous ne cherchons jamais à en fabriquer un artificiellement pour justifier un chantier. La confiance se construit sur ces conversations-là tout autant que sur les chantiers menés jusqu'au bout avec l'entreprise.
Une fois les priorités posées et mesurées avec l'entreprise, le passage à l'automatisation, quand elle se justifie vraiment, suit un chantier concret décrit sur notre page automatisation : définition précise du point à corriger, construction de l'outil, puis vérification que le résultat mesuré correspond bien à ce qui avait été annoncé au tout départ.
Si vous hésitez encore entre réorganiser une étape et automatiser une tâche entière, ou si vous voulez simplement vérifier vos propres chiffres avant de vous engager où que ce soit, une conversation de trente minutes suffit généralement pour poser un avis clair et honnête sur votre situation précise, avant de décider quoi que ce soit d'autre.
Questions fréquentes
C'est quoi l'optimisation des processus, concrètement ?
Réduire le temps ou les erreurs sur une tâche qui revient chaque semaine, sans forcément changer les outils qui la portent. Ça commence par mesurer ce que coûte réellement cette tâche, avant de décider si elle se corrige par une meilleure méthode ou par un nouvel outil.
Par où commencer pour optimiser les processus dans une petite entreprise ?
Par la mesure, pas par l'achat d'un logiciel. Chronométrez une tâche répétée, notez combien de fois elle revient dans une semaine et combien de personnes y touchent. Ce calcul simple fait ressortir, presque toujours, deux ou trois points qui coûtent nettement plus cher que les autres.
Faut-il un logiciel pour optimiser ses processus ?
Pas toujours. Une partie des lenteurs se corrige en réorganisant une étape, en retirant une validation inutile ou en regroupant deux tâches en une seule, sans dépenser un euro en logiciel. Un outil devient nécessaire seulement quand le blocage vient de l'outil lui-même, pas de la méthode.
Combien coûte l'optimisation des processus dans une PME ?
Ça dépend entièrement de ce que la mesure révèle. Une réorganisation manuelle peut ne rien coûter en dehors du temps passé à mesurer et à corriger. Un outil d'automatisation, quand il se justifie, coûte entre 15 000 et 50 000 euros pour une première brique dans l'entreprise.
Optimisation des processus et automatisation, quelle différence ?
Optimiser améliore une étape existante sans forcément changer d'outil. Automatiser retire la main humaine d'une tâche répétée et régulière en la confiant à un programme. Une tâche irrégulière se corrige d'abord par la méthode ; une tâche stable et fréquente devient une bonne candidate à l'automatisation.
Comment savoir quel processus corriger en premier ?
En calculant, pour chaque tâche mesurée, le temps qu'elle prend multiplié par sa fréquence dans la semaine et par le nombre de personnes qui la touchent. Le résultat fait ressortir un ou deux points nettement au-dessus des autres, qui méritent d'être corrigés avant le reste.
Combien de temps prend une démarche d'optimisation des processus ?
La mesure d'une poignée de tâches prend quelques jours. Corriger un point identifié prend en général quelques semaines, et le résultat se vérifie trois ou quatre semaines après la correction, sur la même mesure prise au départ. Un chantier mené point par point avance plus vite qu'un grand projet unique.
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