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Audit informatique en PME : le guide pour savoir ce que ça vous coûte vraiment

Votre informatique s'est construite par couches. Un logiciel de comptabilité choisi il y a douze ans, un tableur qui a pris le relais là où le logiciel ne suivait plus, un outil de devis acheté par un commercial, un serveur dans un placard que personne n'ose redémarrer. Chaque décision se tenait, le jour où elle a été prise. Mises bout à bout, elles vous coûtent du temps tous les jours, et personne chez vous ne sait combien. Un audit informatique répond à cette question, puis à la suivante, qui est la seule qui compte : par quoi commencer.

Ce qu'on appelle un audit informatique, et ce que ce n'est pas

Le mot met mal à l'aise. Il évoque le contrôle, la note en bas de page, le consultant qui repart avec un rapport que personne ne rouvrira. Beaucoup de dirigeants repoussent la chose pour cette raison, et on les comprend.

Voilà ce qu'un audit fait réellement : quelqu'un vient regarder comment le travail circule chez vous, où l'information se retape, où elle se perd, et ce que ça vous coûte en heures. Le résultat n'est pas une note sur vingt, c'est une liste de chantiers rangés du plus rentable au moins urgent, chacun avec son coût et son délai.

Compter vos postes et relever vos versions de Windows a son utilité, mais ça ne dit rien de ce qui vous fait perdre du temps, et un audit qui se termine sur trois devis de licences n'était pas un audit, c'était une visite commerciale.

Enfin, le mot recouvre trois métiers différents et la confusion coûte cher. L'audit de sécurité cherche par où quelqu'un pourrait entrer. L'audit technique regarde l'état de vos machines et de vos sauvegardes. L'audit d'organisation, celui dont parle cette page, regarde le travail lui-même. Quand vous demandez un devis, précisez lequel des trois vous voulez, sinon vous comparerez des choses qui n'ont rien à voir.

Les endroits où ça coince, dans à peu près toutes les PME

Les points de friction reviennent d'une visite à l'autre, même entre des métiers qui n'ont rien à voir. Si vous en reconnaissez trois dans ce qui suit, un audit trouvera de quoi se payer.

La même information saisie deux fois. Le devis est fait dans un outil, la facture dans un autre, et quelqu'un recopie. Personne ne s'en plaint parce que ça fait partie du travail depuis toujours. Comptez le nombre de dossiers par semaine, multipliez par les minutes de recopie, vous obtenez une somme qui surprend.

Le tableur devenu le vrai logiciel de la maison. Il a commencé comme un pense-bête, il pilote maintenant le planning, les stocks ou les heures. Il fonctionne, tant que la personne qui l'a construit est là et que personne ne casse une formule.

L'information qui vit dans une seule tête. Un collaborateur sait quel client accepte quel délai, quel fournisseur rappeler, quelle pièce commander en double. Le jour où il part en vacances, l'entreprise ralentit. Le jour où il part pour de bon, elle réapprend.

Les documents éparpillés. Le contrat est dans une boîte mail, la version signée sur un serveur, la dernière version sur le portable de quelqu'un. Chercher devient un métier à temps partiel.

Le logiciel qu'on paie et que personne n'utilise. Il a été acheté pour régler un problème réel, la mise en route s'est enlisée, l'abonnement continue. Il figure dans vos charges sans figurer dans vos journées.

Le développement fait maison par quelqu'un qui est parti. Ça marche encore. Personne ne sait comment, personne n'ose y toucher, et la moindre évolution devient un projet.

Comment se déroule un audit, concrètement

Un audit sérieux tient en cinq temps. Le détail change d'une entreprise à l'autre, l'ordre non.

D'abord, ce qui se voit de l'extérieur. Votre site, vos outils publics, la façon dont un client vous joint et ce qu'il se passe ensuite. Cette partie se fait sans vous déranger et donne déjà des points d'entrée.

Ensuite, les gens qui font le travail. Pas seulement le dirigeant, pas seulement le responsable informatique quand il y en a un. La personne qui saisit les commandes sait où ça coince, et elle le dit très bien quand on prend une heure pour l'écouter.

Puis un dossier suivi de bout en bout. On prend une affaire réelle, on la suit depuis le premier appel jusqu'à l'encaissement, en notant chaque endroit où une information change de main ou de support. C'est le moment où les surprises apparaissent, y compris pour le dirigeant.

Vient le chiffrage. Chaque friction repérée est convertie en heures par semaine, puis en euros, avec une fourchette honnête plutôt qu'un chiffre inventé. Une estimation large et argumentée vaut mieux qu'une précision fausse.

Enfin la restitution : une liste ordonnée. Pour chaque chantier, ce qu'il coûte, ce qu'il rapporte, combien de temps il prend, et ce qui se passe si vous ne le faites pas. Vous devez pouvoir la lire en vingt minutes et décider avec.

Sur une PME de trente à cent cinquante personnes, comptez deux à quatre semaines entre le premier rendez-vous et la restitution, dont deux à cinq jours de présence effective.

Combien coûte un audit informatique

Chez nous, un audit d'organisation se situe entre 5 000 et 15 000 euros. La fourchette est large parce que le travail l'est aussi : auditer une entreprise de trente personnes sur un seul site n'a rien à voir avec en auditer cent cinquante réparties sur quatre agences.

Ce qui fait monter le prix : le nombre de personnes à rencontrer, le nombre de logiciels en place, la présence de développements maison sans documentation, et les obligations réglementaires de votre secteur.

Ce qui le fait baisser : un périmètre resserré sur un seul processus, un interlocuteur unique qui connaît la maison, et des accès donnés dès le départ.

Avant de comparer des devis, demandez ce que l'audit doit vous faire récupérer. Un audit qui ne trouve pas au moins son propre coût en temps gagné a échoué, et il faut le dire avant de commencer. Sur une équipe de cinquante personnes, deux heures perdues par semaine et par personne représentent déjà un montant sans commune mesure avec le coût de l'audit.

Méfiez-vous du gratuit qui n'en est pas. Un audit offert par celui qui vend ensuite la solution n'est pas un audit, c'est une étape de vente. Le nôtre se paie, ce qui nous laisse libres de conclure qu'il n'y a rien à faire.

Ce que vous en retirez, et ce que vous n'en retirez pas

D'abord une liste de chantiers classés, avec des chiffres en face. C'est ce qui vous permet d'arbitrer entre trois demandes concurrentes sans trancher au ressenti.

Le rapport sert aussi face à vos prestataires. Un devis se conteste beaucoup mieux quand vous savez combien d'heures le problème vous coûte réellement.

Il arrive souvent qu'il confirme qu'un chantier dont on vous parle depuis deux ans n'est pas prioritaire. C'est un résultat, même s'il ne ressemble pas à un projet.

En revanche, ne comptez pas en sortir avec un outil. L'audit dit quoi faire, il ne le fait pas. Prévoyez le budget de la suite, sinon le rapport rejoindra les autres dans un tiroir.

Il ne transformera pas non plus vos équipes. Un audit décrit ce qui existe et ce qui pourrait changer. Ce sont vos équipes qui changent, ou qui ne changent pas, et cette partie-là ne s'achète pas.

Les cas où il ne faut pas faire d'audit

Si vous savez déjà quoi faire. Certains dirigeants connaissent leur point de blocage, l'ont chiffré, et cherchent quelqu'un pour l'exécuter. Payer un audit pour s'entendre confirmer ce qu'on sait est une dépense de confort.

Deuxième cas, le budget. Un audit à 8 000 euros suivi de rien coûte 8 000 euros. Mieux vaut attendre d'avoir de quoi financer le chantier qui suivra.

Il y a aussi ceux qui cherchent à faire valider une décision déjà prise. Un auditeur honnête vous contredira, un autre vous donnera raison contre rémunération. Dans les deux cas vous aurez perdu.

Reste la taille. En dessous d'une dizaine de personnes, le dirigeant voit tout, et deux conversations sérieuses remplacent un audit. Gardez l'argent pour l'outil.

Choisir qui le fait

Celui qui vend la solution ne peut pas auditer le besoin. C'est la seule règle vraiment non négociable. Demandez à votre interlocuteur ce qu'il vend une fois l'audit terminé. Si la réponse est un logiciel qu'il édite ou revend, vous connaissez déjà les conclusions.

Demandez-lui la dernière fois qu'il a conclu qu'il n'y avait rien à faire. S'il n'a pas d'exemple, il n'a jamais dit non, et un prestataire qui ne dit jamais non ne vous protège de rien.

Demandez à parler à quelqu'un pour qui il a travaillé, dans une entreprise de votre taille. Pas un logo sur une page, une personne au téléphone.

Exigez de savoir combien de temps il passera chez vous et avec qui. Un audit qui se déroule entièrement en visio, sans jamais rencontrer ceux qui font le travail, rendra un rapport qui ressemble à tous les autres.

Enfin, demandez sous quelle forme arrive le résultat. Si c'est un document de soixante pages, demandez la version qui tient en trois. Celle-là seule sera lue en comité.

Ce qu'on regarde du côté de vos logiciels, sans faire l'inventaire

Compter vos licences n'apprend rien. Ce qui compte, c'est l'usage réel : quels outils restent ouverts toute la journée, lesquels le sont une fois par mois, lesquels ne le sont plus du tout.

On regarde d'abord les doublons. Deux outils qui stockent la même liste de clients finissent toujours par diverger, et quelqu'un passe du temps à les réconcilier.

Viennent les abonnements. Le total mensuel des logiciels d'une entreprise de cinquante personnes surprend souvent son dirigeant, parce qu'il s'est constitué ligne par ligne, chaque ligne étant raisonnable au moment où elle a été signée.

Reste ce qui tient par un fil : le poste sous une version que plus personne ne met à jour, la sauvegarde que personne n'a jamais essayé de restaurer, l'accès qui appartient encore à un ancien salarié. Ces points ne font gagner aucune heure une fois réglés, ils vous évitent une semaine d'arrêt un jour.

Préparer l'audit pour qu'il vous coûte moins cher

Une bonne part du prix d'un audit part en collecte d'informations. Tout ce que vous rassemblez avant est autant de moins à facturer.

Rassemblez la liste de vos logiciels avec leur coût annuel et le nom de la personne qui s'en sert le plus. Une demi-journée de votre part fait gagner une journée entière à qui vient.

Sortez trois dossiers récents et représentatifs : un simple, un compliqué, un qui a mal tourné. Ils serviront de fil conducteur, et ils valent mieux qu'une description générale de votre organisation.

Prévenez vos équipes de la vraie raison de la visite. Un audit annoncé comme un contrôle produit des réponses prudentes, et des réponses prudentes ne servent à rien.

Bloquez enfin une heure dans votre agenda pour la restitution, avec les personnes qui décideront de la suite. Un rapport lu seul, un soir, ne déclenche jamais rien.

Après la restitution : de la liste au premier chantier

Le moment le plus fragile arrive après. La liste est là, tout le monde l'approuve, et trois mois passent.

La parade tient en une décision : choisir un seul chantier, le plus rentable de la liste, et lui donner une date. Deux chantiers menés en même temps dans une entreprise de votre taille avancent moins vite qu'un seul mené jusqu'au bout.

Nommez quelqu'un chez vous qui en répond. Pas forcément la personne la plus à l'aise techniquement, celle qui a le plus à y gagner dans son quotidien.

Mesurez avant de commencer. Si vous ignorez combien de temps l'équipe passe aujourd'hui sur la tâche visée, vous n'aurez aucun moyen de dire si le chantier a servi à quelque chose.

Rouvrez la liste six mois plus tard. Certains chantiers seront devenus inutiles, d'autres urgents, et deux ou trois auront disparu tout seuls parce que l'entreprise a changé.

Les questions que vos équipes vont poser

Elles en posent toujours deux, et il vaut mieux y répondre avant qu'elles ne circulent dans le couloir.

La première : est-ce qu'on veut nous remplacer. Dans une entreprise de trente à cent cinquante personnes, la réponse honnête est presque toujours non, parce que le problème n'est pas le nombre de personnes mais le temps qu'elles passent sur des tâches que personne ne revendique. Dites-le clairement, avec des exemples pris chez vous.

La seconde : est-ce qu'on va nous surveiller. Un audit d'organisation mesure des processus, pas des personnes. Aucun chiffre individuel n'a sa place dans le rapport, et c'est une consigne à donner explicitement à celui qui vous audite.

Une troisième question arrive parfois, plus discrète : est-ce que mes bricolages vont m'être reprochés. Ces bricolages sont la matière première du travail. Une personne qui a monté un fichier de son côté pour tenir ses délais a rendu service à l'entreprise, et elle doit l'entendre.

Par où commencer sans rien engager

Avant de payer quoi que ce soit, vous pouvez obtenir un premier aperçu en deux minutes. Notre analyse en ligne part de l'adresse de votre site, en tire ce qu'elle peut comprendre de votre activité, et vous rend ce qui vous prend du temps, ce qui cloche techniquement avec la preuve, et une action à mener cette semaine sans nous.

Ce n'est pas un audit et nous ne le présentons pas comme tel : personne n'est venu chez vous, personne n'a parlé à vos équipes. C'est un point de départ honnête, qui vous dit surtout si le sujet mérite qu'on en parle.

Questions fréquentes

Combien coûte un audit informatique pour une PME ?

Entre 5 000 et 15 000 euros chez nous. Ce qui fait varier : le nombre de personnes à rencontrer, le nombre de logiciels en place, la présence de développements maison sans documentation. Un périmètre resserré sur un seul processus coûte moins cher qu'un tour complet de la maison.

Combien de temps prend un audit informatique ?

Deux à quatre semaines entre le premier rendez-vous et la restitution, pour une entreprise de trente à cent cinquante personnes, dont deux à cinq jours de présence effective chez vous.

Qu'est-ce qu'une cartographie des processus ?

C'est le fait de dessiner, étape par étape, le chemin réel d'un dossier dans votre entreprise : qui saisit quoi, dans quel outil, à quel moment, et à qui il passe la main. Elle sert à voir où l'information se retape et où elle attend. Elle constitue une partie du travail d'audit, pas une prestation séparée, et elle ne vaut que si elle décrit ce qui se passe vraiment plutôt que la procédure officielle.

Comment optimiser les processus d'une PME ?

En commençant par les mesurer plutôt qu'en achetant un outil. Suivez un dossier de bout en bout, comptez les endroits où une information change de support, chiffrez le temps que ça prend par semaine. Les deux ou trois points les plus coûteux se détachent d'eux-mêmes, et c'est par eux qu'on commence. L'outil vient après, quand on sait ce qu'il doit régler.

Quelle différence entre audit de sécurité et audit d'organisation ?

L'audit de sécurité cherche par où quelqu'un pourrait entrer dans votre système. L'audit d'organisation regarde comment le travail circule et ce qu'il vous coûte en heures. Les deux sont utiles, ils ne se remplacent pas, et ils ne se facturent pas au même prix. Précisez lequel vous demandez quand vous faites chiffrer.

Un audit débouche-t-il forcément sur l'achat d'un logiciel ?

Non, et c'est le test qui distingue un audit d'une visite commerciale. Il arrive régulièrement que la conclusion soit de garder l'existant et de corriger deux habitudes de travail. Demandez à votre prestataire la dernière fois qu'il a rendu ce verdict.

Faut-il un audit informatique quand on est moins de vingt ?

Rarement. À cette taille le dirigeant voit encore passer l'essentiel, et deux conversations sérieuses avec les personnes qui saisissent remplacent la plupart du travail d'audit. Gardez le budget pour l'outil lui-même.

Qui doit participer à l'audit côté entreprise ?

Le dirigeant pour le cadrage et les arbitrages, et surtout deux ou trois personnes qui font le travail tous les jours : celle qui saisit les commandes, celle qui relance les factures, celle qui prépare les plannings. Ce sont elles qui connaissent les contournements, et les contournements sont exactement ce qu'on cherche.

L'audit peut-il se faire entièrement à distance ?

Une partie, oui : la lecture de vos outils publics, les entretiens, la récupération des documents. Mais un audit qui ne met jamais les pieds chez vous rate ce qui ne se raconte pas : le classeur papier à côté de l'écran, le mot de passe sur un post-it, la file d'attente devant l'imprimante. Comptez au minimum une journée sur place.

Que se passe-t-il si l'audit conclut qu'il n'y a rien à faire ?

Vous avez la réponse à une question qui vous occupait, et vous arrêtez de payer des réunions pour en discuter. C'est un résultat, pas un échec. Il arrive aussi que la conclusion soit d'attendre : le moment n'est pas bon, l'équipe est déjà sous l'eau, un chantier plus urgent passe devant.

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